La Papesse (2), le dos d’une carte (en guise de 0) et la Lune (18) d’un tarot bolonais du XVIIe siècle, conservé à la BNF, placent 2018 sous le signe de l’intuition, de la dignité et de la féminité, allégories du féminin sacré obligent… En 2019 le Soleil et le masculin seront à l’honneur, mais pour les 365 jours qui viennent, gloire à la Mère Cosmique et à toutes ses prolongations tangibles. Bonne Année !!!
Catégorie : Poesie-puesia
HUWA – english&french
HUWA
Dear absent one
your name a breath
little piece to me of One
of Him of You
an oasis — I said— before I bit
the dust
and saw my thirst
This desert populated by glittering
mirages
where I drank too often from inexistant waters
sand ground down my teeth
There are still grains under my tongue
forty months later that must be spit
But oh mirage
I remember
rushing down
dreaming your pelt of grass
the soft flank that never ends
paradise for kamikazes
criss-crossed by streams
To descend to descend the length of you
who were He the One
Huwa
Huwa-hou Huwa-hou
I breathe
breathe
breathe myself
collapse my self
stricken dervish blacked out sun
Goodbye moon-skin @@ goodbye my friend my torment @@ my child drifting burning across the Gange @@ goodbye red spark
flesh of stars @@ goodbye torn hearted shell fire
I spit
I am Tarantula
and spit
no longer sand but threads
Black Virgin that strings up viscous snares before the Door
I have eight black hairy feet and @@ I don’t see why
a Spiritual State @@ need be pure and vaporous
Huwa Hou
The Absent sleeps in my arms
He is — not here
his presence a thousand wisteria
irreducible to adjectives enlace me
Sleepless
I hoist myself over walls of flannel and night
And see
and inhale
and touch the gown of the unthinkable
Huwa Hou
Huwa hou Huwa Hou
the pronoun of the absent a breath
There at the feet of You
they sway
the men
inwardly drunk outwardly sober
in praise of the unspeakable
And I
from the behind the seats in the back
behind the wall and the netting and the lattice
Behind my curtain and blue eyes and indignity
I sing Huwa!
I swing Huwa!
I am the darkened Widow
the voiceless spider who implores you
Come! I wait for you
As November waits for tawny summer
as a cold dry pen calls a tide without rhyme or erasure
Come!
diamond kingdom of opaque breath
Come! and may your blood flow
from the artieries of sky
into my thirsty veins
Splendour without eyes
Look at me!
I am here
no light in the hollows of my shadows @@ oh hermetic
womb @@ no incalculable tastes @@ no nocturnal ascensions
There is only what there is
this obstinate labor of threading and threading the web
where you will come
Death my sister,
My faithful to be stuck
What?
This insect with corpse wings will by my only feast?
Huwa!
I am here
I am here I am here
Promise me eyelids of silk
unsplintered peace
I am here
Torrent of love without a captain
I am here
The color of the sky changes
And I wait
as the plowed field awaits the germinating wheat
I wait
for a sword an axis a bone
I wait
Indigo throat that abolishes the chant
The sun is your brow the moon your eyes
and
I wait
I wait for you
a drum that beats
I wait
I wait
a heart’s embryo
beating
in a blood red egg
I wait
I wait
I wait
Involuntary rhythm of the starred cosmos
I
I wait
I wait
I wait
I wait
(english translation by Cynthia Mitchell)
HUWA
Cher absent
ton nom comme un souffle
petit morceau à moi du Soi
de Lui de Toi
une oasis — disais-je — avant de mordre
la poussière
et voir ma soif
Ce grand désert peuplé de scintillants
mirages
où j’ai bu trop souvent l’eau qui n’existe pas
du sable à m’en user les dents
J’ai encore des grains sous la langue
quarante mois plus tard qu’il faut cracher
Mais ô mirage
je me souviens
dévaler
en rêve ton pelage herbu
le flanc si doux qui n’en finissait pas
un paradis pour kamikazes
sillonné de ruisseaux
Descendre descendre le long de Toi
qui étais Lui le Soi
Huwa
Huwa-hou Huwa-hou
je souffle
souffle
m’essouffle
m’écroule
derviche foudroyée soleil offusqué
Adieu peau de lune @@ adieu mon ami mon tourment @@ mon
enfant qui dérive en brûlant sur le Gange @@ adieu étincelle rouge
charnue comme une étoile adieu @@ tir d’obus qui emporte un coeur écartelé
Je crache
Je suis Tarentule
et crache
non plus du sable mais des fils
Vierge noire qui tisse
ses rets visqueux devant la Porte
J’ai huit pattes poilues @@ et je ne vois pas pourquoi un
Etat Spirituel serait forcément @@ pur et vaporeux
Huwa Hou
L’Absent dort dans mes bras
Il n’est — pas là
sa Présence comme le parfum de mille glycines
irréductible aux adjectifs m’enlace
Insomnieuse
Je me hisse aux parois de flanelle et de nuit
et vois
et hume
et touche la robe de l’Impensable
Huwa hou
Huwa hou Huwa hou
Le pronom de l’Absent comme un souffle
Là bas devant aux pieds de Toi
ils se balancent
barbus
ivres dedans sobres dehors
chantent les louanges de l’imprononçable
Et moi
depuis le fond des sièges du fond
derrière le mur et les grillages et les moucharabieh
moi aussi
derrière mon voile et mes yeux bleus et mon indignité
je psalmodie Huwa!
et me balance Huwa!
je suis la Veuve enténébrée
l’araignée sans voix qui T’implore
Viens! je T’attends
comme en novembre on attend l’été fauve
comme la plume froide et sèche
appelle un flux sans rimes et sans ratures
Viens!
règne diamant au souffle opaque
Viens! et que ton sang coule
depuis les artères du ciel
jusqu’à mes veines altérées
Splendeur sans yeux,
Regarde!
Je suis là
pas de lumière au creux de mes ténèbres @@ ô matrice
hermétique @@ pas de saveurs incalculables @@ pas d’ascensions nocturnes
Il n’y a là que ce qu’il y a
ce labeur obstiné de tisser et tisser la toile
où tu viendras
la Mort ma soeur,
ô ma fidèle t’engluer
Quoi?
La mort insecte aux ailes de charogne sera mon seul festin?
Huwa!
Je suis là
Je suis là Je suis là
Promesse aux paupières de soie
toi la paix qui n’a pas d’échardes
Je suis là
Torrent d’amour sans capitaine
Je suis là
La couleur du ciel change
Et je T’attends
comme un ventre de glèbe attend le blé qui germe
T’attends
comme une épée, un axe, un os
T’attends
Gorge indigo qui abolit les chants
Le soleil est ton front la lune sont tes yeux
et je
T’attends
T’attends
suis un tambour qui frappe
T’attends
T’attends
comme un coeur embryon
battant
dans l’oeuf pourpre
T’attends
T’attends
T’attends
ô rythme sans vouloir du cosmos étoilé
Je
T’attends
T’attends
T’attends
T’attends
T’attends
Limon/Liamone français&english
Littoral
battu par les vents d’ouest
où déferlent des murs d’eau verte
Seuil insoumis vers le tout-autre
Le flux boueux du fleuve
s’y rend
livrant son spasme à la mer
âcre douceur octroyée des monts
Limon
crues et cascades
bouses des vaches alpinistes
géométries secrètes
Les araignées d’eau
tissent le cours du fleuve
de chuchottis indéchiffrables
éventrés au fracas des vagues
Jadis
sous le même soleil dur
la malaria prospérait dans la plaine
Terre de fièvres
juste bonne pour les femmes
delta de bourbe où plane un siècle après
le spectre de la malemort
cloaque ébouriffé d’eucalyptus centenaires
aujourd’hui impuissants
terrassés
Plus haut les vaches maigres
trébuchant aux galets
broutent l’herbe rare née du limon
le fleuve amant fébrile
se fraie encore sans relâche
un passage au giron des vagues
et elle résiste
la mer
comme une fille qu’on veut forcer
se cabre et crache des remparts de sable
embouchure obstinée ensevelie
au tango des tempêtes
il pousse elle cède en résistant
Terre de femmes
terre d’été
des enfants nus se jettent à l’eau
leurs cris d’une rive à l’autre
Hier
le feu du ciel était dur dans la plaine
tout le jour
ils récoltaient l’arba tavaccu
la Kentucky nouvelle aux feuilles longues
velues immenses
enfilées en guirlandes
« et ça collait aux mains ça collait »
une voix s’en souvenait encore
l’été dernier
les mémoires de la plaine
coulaient de lui
comme le limon de sa source montagneuse
« et cette odeur, si vous saviez… »
oui vireuse entêtante
le poison cru
sa couche visqueuse aux paumes
vaincue seulement
par la chair acide des tomates vertes
Trois quarts de siècle après
il refaisait le geste
sourire prognathe
se frottait les paumes
cette joie qu’il avait de dire
Puis refluait dans sa cabane
y cuisait trois courgettes
fenêtre ouverte
radio à fond
goûtant un paso doble de toutes ses oreilles sourdes
Il est mort juste avant cent ans
Personne ne viendra plus le trouver
lui et ses baguettes
pour dénicher l’eau
tapie sous la surface
personne ne l’a pleuré
sinon le fleuve
et tous ses affluents secrets
veines blanches de la terre encore vierge
un enfant du limon retourné au limon
un fils du Liamone un frère
un paisanu
Le fleuve charrie sa boue
comme il emportera un jour la mienne
grossir les alluvions engraisser la plaine
Mais l’âme – sa – mémoire –
qui n’a jamais été sourde
elle vire à contre-courant
s’envole file sous le pont de Trughja
et
Arburi Rosazia Vicu Murzu Letia
remonte le cours de l’eau
bousculant gerridés et tétards dans leur trous
glisse
cristal ivre d’amont
à Cimatella
nul ne l’attend
pas un crétin en quad
pas un touriste pas un grimpeur
Personne
pour empêcher
l’esprit du vieux sourcier de s’unir à la Source.
(in memoriam A. Adami, sourcier du village de Casaglione, 1914-2014)
Limon/Liamone
Littoral
Beaten by the western winds
where walls of green water break
insurgent threshhold toward the all-other
The muddy flux of river
goes
bringing its spasm to the sea
the mountain’s acrid sweetness granted
Silt
hollows and cascades
dung of alpine cows
secret geometries
spiders of water
weave the river’s path
of indecipherable whispers
ripped open to the racket of waves
In other times
under the same hard sun
malaria prospered on the plain
Land of fevers
Good enough for women
mucky delta where a century later
cruel death floats
cesspit disheveled by ancient eucalyptus
now powerless
layed low
higher up the thin cows
stumble over pebbles
graze the rare grass born of silt
the fevered lover river
still makes its way relentless
to the breast of the waves
and she resists
the sea
like a struggling girl spits up ramparts of sand
foul-mouthed obstinate buried
in a tango of storms
being pushed she cedes as she resists
Land of women
earth of summer
naked children throw themselves in water
crying across the riverbanks
Yesterday
the fire of sky was hard on the plain
all day
they gathered the l’arba tavaccu
long leaves of Kentucky tobacco
immense and hairy
woven into garlands
“and it sticks to the hands it sticks”
a voice still remembered
last summer
the memory of the plain
flowed with it
like the silt from a mountain spring
“and the smell, if you knew…”
yes toxic heady
raw poison
the viscous layer on the palms
cut only by the acid flesh of green tomatos
three quarters of a century later
he repeated the gesture
the underbitten smile
rubbed himself with his hands
this joy of speaking it
then flowing back into his hut
and cooking three zuchinis
the window open
radio blasting
trying a paso doble on the fullness of his deaf ears
He died just before 100
Nobody will come to find him anymore
He and his sticks for divining water
hidden under the surface
nobody cried for him
if not the river
and all her secret streams
white veins of the still pure earth
a child of silt returned to silt
a son of Liamone a brother
a paisan
the river carries his mud
as one day it will carry mine
to impregnate the alluvium fatten the plain
But the spirit – his – memory –
that has never been deaf
she veers against the current
soars spins beneath the Trughja bridge
and
Arburi Rosazia Vicu Murza Letia
climbs the path of water
pushes water spiders tadpoles in their holes
glides
drunken crystal streaming up
to Cimatella
nothing waits there
not a cretin on a quad
not a tourist not a hiker
Nobody
to inhibit
the old sorcerer’s spirit from uniting with the Spring.
(in memoriam A. Adami, dowser of the village of Casaglione. 1914-2014)
English translation by Cynthia Mitchell
Sud-Est
Lumière bondissante
joue avec les cheminées les girouettes les chiens assis
elle revient lente et fraîche
revient
comme une aimée vagabonde un chat perdu
comme ces amies folles qui apparaissent et disparaissent
des cadeaux des couteaux plein les mains
un cri d’été au cœur de décembre
le ciel strié de lignes blanches
le soleil feu sans maître
amant volage et obstiné
revient caresser les pupilles rebondir sur la peau
sans un je t’aime
mais jusqu’au bout
Et puis ça se couvre
Lumière blanche nacre maussade
l’hiver trépigne et redemande de l’or
les ocres de juillets le narguent
depuis les limbes où
comme les remplaçants sur le banc
ils attendent leur bref inoubliable cyclique avènement
Un moineau esseulé dessine des lignes froides contre le ciel
De mon œil myope
je confonds cheminées moineaux et branches nues
cette marmelade de toits glissants
et le voile de brume creuse
qui embrasse les rues aux noms de défaites
C’est janvier le blanc le ténébreux
janvier urbain sans neige et sans étoiles
seule la lumière chante
la roue des saisons
les décrets cosmiques
les naissances emphatiques
tout ce qui fait voler les oiseaux.
Poème de matin calme
de bouilloire électrique
le thé des Deux Chinois déploie dans la maison
ses guirlandes de fleur blanche et d’amande
gris dehors dedans lumière d’or
la Déesse fortune est mon amie
j’étends des hommages à ses pieds parfumés
elle m’enjoint : chante
plus fort que le cri des agonies mécaniques
Et si tu veux veiller
compte les tigres qui sautent la barrière
Et si tu veux prier
vers l’inaccessible silence
capture ses anges de feu
des papillons fragiles
qu’il faut saisir entre ses lèvres
et sentir battre
le temps qu’ils vivent
éternité lépidoptère.
traduction : Ceccè Ferrara
Sudestu
Luci saltichjendu
ghjoca incù i fumaroli i parapachji i balconi di sulaghjolu
rivolta lenta è fresca
rivolta
com’è un amata andaciendu un ghjattu persu
com’è st’amichi tuntini ch’affacani è po’ spariscini
mani carchi à rigali è à culteddi
un brionu d’istati in cor’ dicembri
u celi saianatu di righi bianchi
u soli focu indumitu
amanti dunnaghju è chjuccutu
volta ad’accarizzà i luciuleddi ribumbà nantu à a pedi
senza un ti tengu cara
ma fin’à l’ultima
È po’ s’annivuleghja
Lumu biancu gnaccra smurtita
l’invernu zampitteghja è cheri dinò l’oru
l’ocri di luddu u sfidani
da i limbi induva
tali i rimpiazzanti nantu à un bancu
aspettani a so corta trimenti ciclica vinuta
Un acedda casana scantata traccia righi freti in celi
Da u me ochju miopu
cunfondu fumaroli aceddi casani è vetti spuddati
sta cunfittura di tetti sculiscianti
è u veli di fumaccia biota
abbraccendu i carrughji à nomi di disfatti
Hè ghjinnaghju u biancu u tinibrosu
ghjinnaghju citadinu senza nevi è senza steddi
solu canta u lumu
a rota di i staghjoni
i leghji cosmichi
i nasciti pumposi
Tuttu ciò chì faci bulà l’aceddi.
Puisia di matina sirena
di scaldarettu elettricu
u tè di i Deux Chinois sparghji in tutt’a casa
i so ghirlandi di fiori biancu è amandula
grisgiu fora in drentu lumu d’oru
a Dea furtuna hè a me amica
à i so pedi prufumati ripongu umaghji
mi cheri : canta
plus fort que le cri des agonies mécaniques
più forti che u brionu di l’agunìi micanichi
È sè tù pò vighjà
conta i tigri chì saltani u cataru
È sè tù vol’ prigà
versu l’inaccissibbuli silenziu
chjappa i so anghjuli di focu
mastaruculi dilicati
chì si devini piddà trà i so labbri
par senta batta
u tempu di u so campà
Eternità farfalla.
Solstice/Sulstiziu
Solstice d’hiver
rien ce soir
rien au couchant
rien à l’aube
rien
ce soir je m’endors en prose
dans cette trépignation de rage
rien qui soit poésie
dans la poussière collante qui s’envole
rien qui soit poésie
dans la danse froide des feuilles qui résistent à l’hiver
rien
les miroirs secs du gel sur le bitume
ce long soleil oblique que les nuages oublient
pour un quart d’heure
la tiédeur aux fenêtres closes
huit branches de sapin qui s’ennuient dans un vase
un dé à coudre d’alcool blanc
la nuit froide où patientent des enseignes
et cette soif de respirer la neige à pleins bras
ou de mijoter aux boues chaudes
demain peut-être l’eau resurgira
celle qui annule la soif
une espérance de juin
horizons gris ourlés de bleu
rien
dans dix ans il y aura encore juin
dans cent ans et dans mille
solstice après solstice après solstice
ce corps lui ne sera plus
parvenu jusqu’au bout de la falaise
tombé dans l’abîme
et un peu plus tard
dans l’oubli.
Traduction : Ceccè Ferrara
Sulstiziu d’invernu
nienti sta sera
nienti à punenti
nienti à l’alba
nienti
sta sera m’addurmentu in prosa
in sta zampittera arrabbiata
nienti chì fussi puisia
in a pula piciosa chì si ni bula
nienti chì fussi puisia
in u baddu ghjilatu di i casci sfidendu l’invirnata
nienti
i spechji asciuti di u cotru nantu à u catramu
stu soli longu di traversu da li nivuli sminticatu
par un quartu d’ora
a tepidezza à i balconi sarrati
ottu vetti di ghjalgu chì s’annoiani in u vasettu
una zinzica d’acquavita
a notti freta ind’eddi pacinzieghjani l’insegni
è sta seti di rispirà, abbraciendula, a nevi
o missu à moddu in i fanghi caldi
dumani forsa l’aqua turrarà
quidda chì stancia a seti
una spiranza di ghjugnu
urizonti grisgi arricciati di cilestu
nienti
da quì à deci anni ci sarà sempri ghjugnu
da quì à centu anni è da quì a milli
sulstiziu dopu à sulstiziu dopu à sulstiziu
stu corpu eddu ùn sarà più
ghjuntu à cantu à a ripa
cascatu indè l’abissu
è po’ dopu
In a sminticanza
El tango te espera…
J’avoue j’épuise
la nostalgie de lui — de Lui
dans l’étreinte serrée du cœur
un tango
après l’autre
talons pointus sur la piste glacée
je me souviens
cette voix fiévreuse
siempre bailas la nostalgia de algo
de alguien
ce poison d’absence aux aguets
dans un repli secret du cœur
Au pouls battant de la vie même
le Bien-Aimé attend il est
Toute-Nostalgie
et guette sans faillir
espérant que je délaisse
mes jeux d’enfants mes aiguillons de pacotille
la peur trop douce
le manque éventé du Soleil
Et même à ceux qui haussent les épaules
à qui cette musique-là elle ne dit rien du tout
La grande Vie lui donne
d’une voix éraillée de pochard
la réponse d’Anibal :
No pasa nada, che, el tango te espera
Un beau soir au détour
d’un plancher patinoire tu tombes
sur la poitrine qui résiste juste assez
la main sûre d’un cocher
L’abrazo — le vrai
te clôt le bec et les paupières
tu glisses
Voilà qu’il est ta vue ta volonté
et toi
toupie
mutine hautaine tourbillonnes
t’opposes un peu
par jeu
pour mieux obéir
Un jour et un autre et un autre
Le visage du danseur n’a aucune importance ni sa biographie ni sa taille ni son âge
tant qu’il fleure le propre et la testostérone
tant que c’est lui
qui décide
Main sûre longues enjambées
vous ourlez le bord de la piste
d’une ivresse périphérique
qui ressemble à l’Amour
Le tango t’attend, che, il a
toute l’éternité
pour te trouver.
crédit photo : Anouk Azar.
Poèmes de Coupes
As.
Le goût d’une flamme
enracinée au repli de la tripe
forge sans maître qui ard et bat
ce chaos de fer blanchi
destinée incandescente
chemin incendié de lumière et de sel
où tu te tiens debout
immuable et sans substance
ignorant de la durée
comme du deuil
reflet sur la peau de l’éternité
Une image
à la surface du lac sans rives
qui revient obstinée
dans la brisure de l’aube
ferme et évanescente comme
le midi des poussières
Crépuscule étripé par les aigles
Deux.
Tu es le feu mon amour
le feu sans texture ni visage
Tu es le feu où ma chair se calcine
et moi la torche
un hurlement venu de nulle part
cyclone où dort au mitant des cloques et des flammes
cet oeil de certitude
lumière au coeur de la lumière
chant sans mémoire
sans propriétaire
je suis à toi
je prends refuge en toi
je meurs et vis en toi
ô source impitoyable
qui attises la soif
illustration : détail du Tarot Dodal, restauration P. Robledo
Barcelona Mayo 2017
Tarot y Psicopoesia
Propongo dos talleres creativos: el viernes 12 de mayo, una velada para explorar el Tarot en las 5 dimensiones (linea, imagen, espacio/cuerpo, ritmo/movimiento, intuición autentica) y el sábado 13, una jornada sobre las « ficciones sanadoras » : como escuchar y entrar en resonancia con si mismo u otra persona para generar imágenes, rituales, guiones y actos poéticos capaces de modificar nuestra imagen de nosotros mismos, nuestra vision del mundo y últimamente nuestro destino. A esa prática la bautizé « Psicopoesia », es profunda y sensible, nunca violenta, siempre mágica…
infos y reservas :
Viernes 12.05 /Tarot : Gisele Cornejo – mail : giselecornejo@gmail.com – 678024485
Sábado 13.05 /Psicopoesia y ficciones sanadoras : Javi Moreno – mail : mariannecostaspain@gmail.com – 639210853